Du 13 au 21 avril 2015 • Brésil : En mer de Jacaré vers Degrad des Cannes en Guyane

 

mer guyane
Phare

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Navigation Jacaré vers Guyane racontée par Nadine :

 

Nous quittons Jacaré le lundi 13 avril 2015 à 12:00 aidé par les sympathiques marineros et après avoir fait nos adieux à toute l'équipe de la Marina et aux voileux encore à quai ou au mouillage, on descend la rivière.


C'était une belle étape Jacaré, les villes environnantes dépaysantes et la marina très agréable, accueillante et bref j'arrête les compliments à part les pontons un peu olé olé tout est parfait.


C'est moi, Nadine, qui raconte mais vous savez bien que mon capitaine adoré n'est jamais très loin, cependant il prendra lui aussi sa plus belle plume pour vous raconter cette navigation à sa façon.


Cette navigation c'est pour moi ... tu as voulu voir les dunes de Ilha dos Lençois et tu as vu Cayenne !!


Je me motive nous devrions arriver samedi à Ilha dos Lençois donc 5 allez 6 nuits max avant de poser le pied à terre ... c'est parti dans ma tête et mon estomac. Nous quittons donc le Rio Paraïba, appareil photo à la main, et elle mitraille la rive car nous sommes arrivés de nuit et n'avions pas vu Cadebelo de jour de la rivière.


Nous avons fait les courses ce matin, et, nous faisons cuire le porc, et le poulet, mis en boite et un simili sous vide rapide et hop tout cela au frais avant de prendre la haute mer.


Je ferai l'impasse sur les côtés purement marins de notre navigation, Loul s'en chargera. En quittant la rivière, la mer est hachée et oups mon estomac est grognon, je rejoins donc ma couchette, que je ne quitterai pas beaucoup pendant trois jours. C'est surement le temps qu'il faut pour me ré-amariner. Nous voulons prendre la météo et Paf l'iridium ne fonctionne plus .... surement un souci avec notre abonnement que nous étions en train de renouveler. Le temps que les banques mettent en place les virements et tout devrait rentrer dans l'ordre le lendemain, nous avons eu un contact sms avec Patrice.

Dans l'après midi, on rattrape Emilien, qui était avec nous à Jacaré et qui est parti deux heures avant. Nos routes se séparent, nous continuons vers le nord...


Les nuits et les jours se ressemblent un  peu pour moi, c'est une alternance de la position couchée dans ma cabine et assise dans le cockpit pour assurer mes quarts et laisser à Loul le temps de quelques siestes. Je bouquine, la liseuse est en "surchauffe" !!!La mer est toujours un peu agitée. Les nuits sont parfois très noires. La lune fait sa maline en se cachant dans les nuages. Les grains se succèdent plus ou moins puissants. Et quand tout va bien, les étoiles nous offrent ce ciel magique et le soleil, des levers et couchers de soleil dont on ne se lasse  pas.

Les vols de poissons volants me font toujours rire, ils sont moches ces poissons et rigolos dans leurs envolées dans les vagues. Les vagues tient parlons en, des petites, des grosses, parfois bleues, parfois grises ... parfois même avec des crêtes d'un vert transparent. C'est un spectacle permanent dont mes yeux se régalent mais n'abusent pas non plus car cela me saoule. Ne me demandez pas pourquoi, c'est comme ça tous ces trucs qui bougent devant mes yeux finissent par me donner le "tourni". Alors je replonge dans ma cabine ou dans ma liseuse, pour passer le temps.


Ah j'oubliai les algues, elles forment autour de nous des tapis géants, qui feront râler mon capitaine car elles se collent dans l'hélice de l'hydro générateur que nous sommes obligée de "désherber".


Vous êtes rassurés car une femme dans la cambuse d'un bateau c'est cool pour le capitaine qui n'a nullement à se tracasser de la confection des repas et bien que nenni sur RIGA et là j'ai un peu honte mais pas possible pour moi, la chaleur et les odeurs d'oignons frits quand je sors encore un peu endormie, limite "abrutie", de ma cabine, cela me chasse systématiquement de la cuisine. Et c'est encore mon vaillant capitaine qui s'y colle, sans râler, sans même montrer que je dois bien l'agacer un peu à me prélasser dans ma cabine quand il doit lui assurer le dedans et le dehors. Là je dois avouer que je lui tire mon chapeau et le remercie. Il ne ménage pas ses forces, il manœuvre beaucoup, ne dort pas beaucoup et reste zen ... Bravo Loulou.


Enfin que des fois, il "m'agace" un tout petit peu quand même, par exemple le 17 avril, je compte sur mes doigts ouf plus qu'une nuit et on va pouvoir découvrir les magnifiques dunes de Ilha dos Lençois et bien NON, car finalement Loul décide après en avoir discuté bien sur, de continuer sa route vers Cayenne, pour ne pas s'enfoncer dans cet "ilha", mal cartographiée sur notre système de navigation et qui nous priverait de ce bon vent et de ce bon courant. C'est décidé, nous nous priverons des dunes du Lençois et partons casser des cailloux à Cayenne ... et Paf, j'en reprends pour cinq nuits. Ohlalà ma gorge se noue, j'essayerai bien de montrer à mon capitaine que je m'en fiche, que ce n'est pas grave, que je suis contente de sa décision, mais ces "putains" de larmes me sortent des yeux au moment où il se penche sur moi pour me demander si on y va ou pas. Je me relève, courage ou fierté je ne sais pas, je ravale mon chagrin de ne pas voir les dunes ou plutôt d'en reprendre pour 5 nuits, et je lui dis allez c'est parti !!! Je reprends un maalox et retourne dans ma couchette. Il n'y a bien que le sommeil pour cacher mes difficultés à parfois supporter les situations qui me sont difficiles. Tout doit être relativisé, nous ne sommes pas dans une mer difficile, les mouvements du bateau me sont supportables, donc tout va bien se passer.

J'ai voulu dormir et Loul a voulu pêcher .... et Paf, une dorade coryphène de 1,10 mètres de long sans la queue de 20 cm ... une belle bête qui nous a occupée tout l'après midi, tout d'abord la sortir de l'eau, la vider, la découper et faire des conserves (trois petits bocaux) et 4 repas dans les boîtes ... vive le Tupperware.
Nous nous approchons de l'équateur retour chez nous dans l'hémisphère nord, sous les grains, les nuages et le vent. Ca y est le 18 avril à 5:30 l'équateur c'est fait. Encore une belle émotion, je n'avais jamais pensé qu'un jour j'aurais traversée cette ligne deux fois et de surcroit en bateau et croyez moi pour la terrienne que je suis, c'est un bel exploit.


Nous sommes le 18 avril, je fais un peu surface mais pas la cuisine pour autant !! par contre j'assure la vaisselle et là aussi croyez moi c'est du sport. En équilibre sur la jambe gauche pendant que la jambe droite pompe de l'eau de mer et que vos deux mains sont occupées à laver la vaisselle, RIGA ce petit malin ne trouve pas mieux que de faire son rigolo et de giter ... là vraiment juste pour me faire râler un peu. Le liquide vaisselle que vous n'avez pas pris la peine de fermer se renverse, l'eau qui aurait du sortir par la bonde passe par dessus bord et vous arrose les pieds, et par chance la vaisselle descend de l'évier ... bon j'en rajoute un peu mais pas trop quand même, ceux qui ont vécu avec nous peuvent en témoigner. Sur RIGA faire la cuisine n'est pas facile mais faire la vaisselle non plus ouf mon honneur est sauf (enfin je l'espère !!!).


Histoire de corser un peu cette navigation, bien sur la météo s'en mêle, grains, coups de vent, pluies, orages enfin la totale ... Loul à la manœuvre n'arrête pas de rouler et dérouler le génois, de prendre un ris puis deux, de les relâcher ... si si parfois je l'aide mais j'avoue aussi parfois je dors et tout ce bruit ne m'empêche pas de dormir. Bon là aussi on relativise, RIGA est un bateau super et tout reste supportable. Oui je râle mais ceux qui me connaissent diront que tout ça c'est bien normal, qu'on ne la changera pas.


Au moment où je vous écris tous ces mots, mon Loul est en ciré dehors sous la pluie, casquette à l'envers, paré pour toutes les situations inattendues. Nous avons passé une nuit disons "de manœuvres", les yeux sont un peu tirés mais il ne nous reste plus que 100 miles avant d'arriver à Cayenne, plus que 40 miles avant de quitter les eaux brésiliennes et si tout se passe bien peut être que cette nuit, nous dormirons au mouillage devant la marina de Dégrad des Cannes.


Yesss et Re Yesss encore une belle traversée que Loul m'a permis d'effectuer. Que dois-je garder en tête que si je n'avais pas rencontré ce type formidable, je ne serai pas là aujourd'hui à m'émerveiller de tout de qu'il me fait vivre. Oui parfois ce n'est pas facile mais dès que j'aurai posé le pied à terre, j'aurai oublié MES difficultés, qui ne sont que les miennes et qui ne sont en aucun cas insurmontables. La preuve je le fais mais oui ça me bouscule, oui çà fait se remettre en question mais je n'oublie que j'ai fait le choix de ce voyage et que je me dois de l'assumer.


Quel bonheur quand je repense à tout ce que nous avons fait depuis presque un an déjà, quand je regarde tous les albums photos, quand je pense à toutes ces belles rencontres, à nos aventures partagées avec toux ceux qui sont venus passer un moment avec nous sur RIGA  et tout ceux qui vivent ce voyage par procuration au travers du site.


Je vais terminer ma prose en remerciant encore une nouvelle fois Mon Loul de tout ce qu'il me permet de vivre à ses côtés. S' il y a des choses dans la vie que l'on regrette, il faut que je vous dise que ce qui aurait été terrible pour moi, c'est de ne pas avoir rencontré Loul et de ne pas avoir vécu tout ce que je suis en train de vivre ... c'est du BONHEUR permanent. Mais oui le Bonheur ça se mérite et cela s'apprécie à sa juste valeur justement parce que ce n'est pas toujours facile.
Alors Loul Merci encore et oui je vais la dire la petite phrase qui agace ... dit c'est quand qu'on arrive !!!

 

 

 

 

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